Skype En Péril En France ?

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Message non lu par skypefr » 06 avr. 2006, 17:11

Vu sur <a href='http://www.open-files.com/article0381.html' target='_blank'>Open-files</a> (entre autres) :

La loi « antiterroriste » du 23 janvier 2006 a été publiée le 26 mars 2006 dans le « Journal officiel ». Sous prétexte que « les réseaux terroristes utilisent de manière intensive les procédés de communication modernes, qui leur permettent d’échanger des informations de façon rapide, discrète et furtive », elle joue aussi un rôle dans nos libertés fondamentales.

Il est imposé aux opérateurs de télécommunications, aux fournisseurs d’accès à internet aux propriétaires de cybercafés, à toutes « les personnes qui, au titre d’une activité professionnelle principale ou accessoire, offrent au public une connexion permettant une communication en ligne par l’intermédiaire d’un accès au réseau, y compris à titre gratuit », de conserver pendant un an toutes les « données relatives au trafic » :
> Les informations permettant d’identifier l’utilisateur. En pratique, il s’agit de tous les éléments collectés lors de l’inscription (nom, prénom, numéro de téléphone, adresse, numéro de carte bancaire, etc.)
> Les données relatives aux équipements terminaux de communication utilisés. Cette disposition devrait s’adresser plutôt aux opérateurs de téléphonie. Néanmoins, et en l’absence de précision, cela viserait l’ensemble des prestataires, fournisseurs d’accès y compris. Est-ce à dire qu’il devra y avoir une conservation des informations relatives à la machine utilisée (ou au type de machine utilisée) ?
> Les caractéristiques techniques ainsi que la date, l’horaire et la durée de chaque communication. Il s’agit ici, pour les FAIs, de la conservation de l’adresse IP et de la date et heure de connexion et déconnexion.
> Les données relatives aux services complémentaires demandés ou utilisés et leurs fournisseurs.
> Les données permettant d’identifier le ou les destinataires de la communication. A terme, tous les logiciels ou systèmes qui permettent de communiquer ou d’échanger des messages « discrètement », sans laisser de trace profonde pourraient être interdits.

Les contraintes imposées par la loi sont telles que l’AFA (association des FAIs) va déposer un recours devant le Conseil d’Etat ( <a href='http://www.afa-france.com/p_20060328.html' target='_blank'>http://www.afa-france.com/p_20060328.html</a> )...

« L’absence de clarté et de cohérence des données demandées est dangereuse pour le citoyen et les opérateurs ». .

« En exception à la règle salutaire de l’effacement des données de connexion, le législateur a prévu la conservation de certaines données techniques pour les besoins de la recherche, de la constatation et de la poursuite des infractions pénales. Après 5 années d’hésitations, le ministère de la Justice publie un décret qui, loin de préciser les données visées par la loi que les opérateurs et les fournisseurs d’accès Internet devront conserver, demeure très évasif sur leurs définitions. »

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Un logiciel de téléphonie « VoIP » se retrouve visé par les deux lois : Skype.

Ignoré des français possesseurs de « box » qui permettent des appels nationaux plus ou moins gratuits, ce logiciel permet de téléphoner gratuitement entre ordinateurs des pays « libres » et à très faible coût vers des téléphones fixes du monde entier (ou presque). En France, il est tout particulièrement utilisé par toux ceux qui communiquent en quantité avec l’étranger, y compris par des entreprises qui y voient une manière simple et efficace pour diminuer leurs facture téléphonique.

Skype menace donc les intérêts financiers des opérateurs nationaux. Au delà, par ses caractéristiques et ses modalités de fonctionnement, Skype, qui protège au mieux l’anonymat de ses usagers ne peut pas répondre à toutes les exigences de la loi française. Deux particularités dérangent énormément .ceux qui veulent espionner les communications :
> Il utilise une technique « P2P VoIP » qui associe les technologies peer-to-peer (poste-à-poste) et VoIP (voix sur réseau IP) et permet de communiquer par la voix en utilisant le réseau Internet d’une manière décentralisée, c’est-à-dire sans l’aide systématique d’un serveur central.
> Il assure une confidentialité de haut niveau, tant pour les utilisateurs qui communiquent que pour le contenu des conversations ou des fichiers échangés, qu’ils soient totalement anodins, protégés par des droits d’auteur, politiquement incorrects ou particulièrement « sensibles ».

Comment pourrait faire Skype pour satisfaire toutes les exigences des lois liberticides ?

Il représente un épouvantail insupportable pour les autorités des dictatures, pour la Chine en particulier, où il est prohibé.

En France, Skype est déjà partiellement interdit depuis que les services de défense du ministère de l’Education et de la Recherche ont exigé le bannissement du logiciel Skype de toutes les universités et autres services attachés au ministère.

Pour des raisons totalement différentes, purement économiques, SFR, opérateur téléphonique du groupe Vivendi-Universal et Orange de France-Télécom ont déjà fait savoir que Skype ne pouvait pas être utilisé sur leur réseau 3G.

Quelle que soit la loi appliquée et les raisons invoquées, la France pourrait devenir le premier pays du monde qui fût libre où Skype serait complètement interdit.

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Nous avons déjà vu à maintes reprises que les magouilles que camoufle DADVSI ont pour objectif principal de préserver les intérêts des industriels du divertissement et d'augmenter leurs énormes bénéfices. Le P2P est tout particulièrement menacé.

Ne serait-ce que parce que la menace DADVSI se précise, on a pu assister à un hypocrite vent de folie qui a frappé des serveurs de logiciels comme OVH.
Sous le prétexte que tel ou tel logiciel pourrait entrer dans la catégorie des « dispositifs manifestement destinés à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés », la première victime de cette épuration a été eMule.
On se demande pour quelle raison Azureus, Ares Galaxy et Shareaza, pour ne citer que les plus téléchargés sur SourceForge, n'ont pas fait partie de la même purge préventive.


Puis, pourquoi pas le tour de Skype, « infâme transmetteur de fichiers cryptés au routage insaisissable ». ...
<!--QuoteBegin-Marc Olanié @ reseaux-telecoms.net+--></div><table border='0' align='center' width='95%' cellpadding='3' cellspacing='1'><tr><td>QUOTE (Marc Olanié @ reseaux-telecoms.net)</td></tr><tr><td id='QUOTE'><!--QuoteEBegin-->
Qui décidera de nocivité d'un programme ?
En toute logique un juge d'instruction, en fonction de l'éclairage d'experts et du talent des avocats -donc des moyens financiers des plaignants.

Sur quels critères les experts pourront rendre leurs avis ?
Mais en fonction de l'usage même de l'outil bien sûr, et non de sa nature, contrairement à ce que semble impliquer la loi. La meilleure preuve que l'on puisse en avoir, c'est l'attitude même d'OVH qui, en l'absence de nom de logiciels formellement identifiés par le législateur, s'en réfère aux usages généralement constatés d'eMule.

En attendant, au grand bonheur des politiques, les opérateurs effectuent ce qu'ils avaient toujours refusé de faire pour des raisons non pas éthiques mais économiques : l'audit, le flicage et le nettoyage du contenu de leurs propres serveurs. [/quote]

Les FAIs qui dépendent étroitement d'opérateurs de télécommunications pourraient cependant faire une exception pour ce Skype qui permet tout et n'importe quoi, surtout concurrencer les tarifs prohibitifs pratiqués en général pour les communications vers l'étranger. Orange, par exemple, interdit la voix sur IP sur la 3G dans son offre de nomadisme Business EveryWhere. Wanadoo / France-Telecom pourrait suivre pour tous les logiciels de VoIP excepté bien sûr celui de la livebox.

<!--QuoteBegin-Jean-Pierre Blettner @ 01 Réseaux+--></div><table border='0' align='center' width='95%' cellpadding='3' cellspacing='1'><tr><td>QUOTE (Jean-Pierre Blettner @ 01 Réseaux)</td></tr><tr><td id='QUOTE'><!--QuoteEBegin-->
Quelle sera la réaction face à la montée en puissance, en particulier, de Skype ?
Neuf Cegetel pousse sa filiale Wengo, mais déjà des spécialistes s'interrogent : « Les opérateurs vont-ils tenter de contrer le phénomène Skype officiellement ou officieusement ? Ils pourraient dégrader subtilement la qualité de service du trafic Skype sans le dire » . [/quote]
(Les entreprises doivent négocier le virage du tout-IP).


[ Source : <a href='http://www.open-files.com/article0381.html' target='_blank'>Open-files</a> ]
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